Décodage des scénarios de RTE

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6 façons de se débarrasser des combustibles fossiles

Six scénarios sont proposés dans l’étude pour se débarrasser des combustibles fossiles et atteindre la neutralité carbone avant 2050.

Six solutions sont disponibles pour que la production d’électricité en France n’émette pas de gaz à effet de serre.

Les “scénarios M”, les trois premiers scénarios, envisagent un système électrique 100% renouvelable.

  • Le premier, M0, prévoit l’élimination du nucléaire et le recours à 100% d’énergies renouvelables d’ici 2050. 36 % de l’électricité sera produite par l’énergie solaire, 31 % par l’énergie éolienne en mer et 21 % par l’énergie éolienne terrestre.
  • M1 est le deuxième scénario. Il prévoit 100% d’énergie renouvelable d’ici 2060. 36 % de l’électricité proviendra du solaire, 23 % de l’éolien terrestre et 21 % de l’éolien en mer.
  • Le troisième scénario, M3, prévoit une sortie du nucléaire et 100 % d’énergies renouvelables d’ici 2060. Cette fois, 32 % de l’électricité proviendra de l’éolien offshore, et 21 % de l’éolien terrestre.

Les trois autres scénarios “N” envisagent un système qui combine les énergies renouvelables et l’énergie nucléaire.

  • N1 est le quatrième scénario. Il prévoit la construction de huit réacteurs de nouvelle génération (les fameux EPR), tout en favorisant les énergies renouvelables qui fournissent plus des deux tiers de la production totale.
  • N2, le cinquième scénario, prévoit la construction de deux réacteurs nucléaires EPR tous les trois ans, à partir de 2035. 14 EPR en 2050 Soit 53% de l’électricité produite en 2050 par les énergies renouvelables.
  • Le sixième et dernier scénario, N03, prévoit la construction de 14 EPR, ainsi que de plusieurs mini-réacteurs*. A parts égales, le nucléaire produirait toujours la moitié de l’électricité produite par les énergies renouvelables.
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Il s’agit de petits réacteurs modulaires, plus petits que les réacteurs classiques et plus faciles à construire en série. En 2035, le premier SMR (” small module reactor“) français sera prêt à être utilisé.

Tous ces scénarios sont techniquement possibles, c’est la bonne nouvelle.

Notre consommation de combustibles fossiles sera nulle, ce qui aura un effet sur notre consommation d’électricité.

La consommation d’énergie va diminuer, mais pas la consommation d’électricité

Contrairement à ce que certains pourraient penser, l ‘électricité ne domine pas le mix énergétique français. dans la répartition des sources d’énergie primaire utilisées en France.

Par exemple, 16% du chauffage des bâtiments est assuré par l’électricité, alors que 56% sont fournis par des combustibles fossiles.

La différence dans les transports est encore plus importante : 22% d’électricité contre 91% de carburants !

Pour atteindre la neutralité carbone, les combustibles fossiles qui émettent beaucoup de CO2 doivent être remplacés par des énergies dites ” bas carbone “ comme l’électricité ou la biomasse.

À l’avenir, la consommation d’électricité va augmenter.

La politique actuelle prévoit que la consommation d’électricité augmentera de 35% dans les 30 prochaines années, soit une moyenne de 1% par an.

La consommation d’électricité en France devrait atteindre 645 térawattheures (TWh) en 2050, contre 468 TWh en 2020.

Il est donc indispensable d’augmenter la production d’électricité comme le prévoient les différents scénarios.

Sans un développement important des énergies renouvelables , la neutralité carbone n’est pas possible.

La France doit produire plus d’électricité pour être neutre en carbone en 2050.

D’autant plus que :

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  • En raison de leur obsolescence, les centrales nucléaires, dont la plupart ont été construites dans les années 1980, auront du mal à fermer d’ici 2060.
  • La production d’électricité par les panneaux solaires et les éoliennes de première génération va également cesser.

La majorité des moyens de production qui fourniront l’électricité à la France en 2050 ne sont pas encore disponibles.

Or, les nouveaux réacteurs qui sont construits aujourd’hui ne seront en service qu’ à partir de 2035 au plus tôt.

Lors d’une réunion publique, l’industrie nucléaire a présenté plusieurs options. La plus ambitieuse consiste à disposer d’un parc nucléaire capable de produire 50 gigawatts (GW) en 2050, contre 61,4GW aujourd’hui. Cela correspond au scénarioN03.

Ce scénario pose un problème industriel majeur: la construction de nouveaux réacteurs nucléaires doit se faire à une échelle énorme et à un rythme soutenu.

Il faut également prolonger la durée de vie de la plupart des réacteurs actuels jusqu’à 60 ans. Ils ont été conçus à l’origine pour fonctionner pendant 40 ans.

Même ainsi, le parc nucléaire de 50 GW ne pourrait produire que 325 MWh par an. On est loin des 645 TWh que consommera l’Europe en 2050.

Quel que soit le scénario, il est essentiel de développer les énergies renouvelables.

L’étude Futurs Energy 2050 conclut que la France doit continuer à développer les énergies renouvelables pour tenir ses engagements climatiques.

C’est possible, mais pas facile à faire sans nouveaux réacteurs nucléaires.

La conclusion est que les scénarios ” 100% renouvelables” (respectivement M0 et M1) nécessitent un changement significatif du rythme de développement des centrales d’énergies renouvelables.

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Le scénario M0 prévoit une sortie du nucléaire d’ici 2050. C’est un problème industriel majeur […]. Même un scénario de relance du nucléaire qui ne compte que six réacteurs nécessiterait des taux élevés de déploiement des énergies renouvelables.

Conclusion

Quel que soit le scénario choisi pour atteindre la neutralité carbone, il reste des défis majeurs à relever.

Emmanuel Macron a été réélu dans la foulée de cette étude.

Son nouveau Premier ministre Elisabeth Borne a déclaré en mai dernier qu’Agnès Pannier Runacher, ministre de la Transition énergétique, devait “trouver une bonne feuille de route, les bonnes étapes pour que demain nous ayons une énergie issue des renouvelables et du nucléaire.”

La France semble se diriger vers l’un des trois scénarios combinant énergies renouvelables et énergie nucléaire.